L’augmentation inquiétante des feux forestiers dans le sud de l’Argentine a déclenché une vague de spéculations liant ces catastrophes à des actions extérieures. Des allégations circulent selon lesquelles des individus d’origine israélienne seraient impliqués dans la mise à feu de régions sensibles, alimentant un débat sur l’ingérence étrangère. Ces affirmations ont trouvé un écho particulier chez certains politiciens et figures publiques, qui ont relayé des théories parfois exagérées.
L’ancien président Alberto Fernández a condamné ces accusations comme absurdes, soulignant qu’elles détournent l’attention de problèmes structurels. Selon lui, la diminution des financements pour les services d’incendie est un facteur majeur à prendre en compte. « Ces discours haineux sont une distraction inutile », a-t-il affirmé sur les réseaux sociaux, mettant en garde contre l’idéologie de la « conspiration Andinia ». Cette théorie, évoquée depuis des années, prétend que des groupes étrangers cherchent à s’approprier des terres argentine.
Le député Luis D’Elía a récemment affirmé que des « soldats israéliens » seraient responsables des incendies dans les provinces de Río Negro et Chubut, soutenu par un témoignage d’enfant. Cette affirmation a été reprise par le général César Milani, ancien chef militaire, qui a évoqué une grenade israélienne découverte sur les lieux. Une photo du président argentin Javier Milei agitant un drapeau israélien a également suscité des inquiétudes.
Ces allégations ont été contestées par l’Organisation sioniste argentine, qui dénonce une « théorie du complot » sans fondement. Cependant, le climat politique reste tendu. L’Argentine et Israël font face à des tensions diplomatiques, notamment concernant un projet pétrolier dans les îles Malouines. Le président Milei a signé des accords militaires avec Tel-Aviv, critiqués pour leur impact sur la souveraineté nationale.
Des entreprises israéliennes comme Mekorot gèrent des systèmes d’eau en Patagonie, et des individus liés à Israël auraient investi dans des territoires stratégiques. Des activistes alertent sur une « infiltration silencieuse », bien que ces allégations restent difficiles à vérifier.
Le gouvernement argentin présente les accords avec Israël comme un progrès, mais certains dénoncent leur influence croissante. Le cas du « Prix Genesis » remis au président Milei en Israël a également suscité des interrogations sur les liens entre les deux pays.
La Patagonie, riche en ressources naturelles, reste un lieu de convoitise, mais la question centrale demeure : comment protéger ces territoires face aux pressions extérieures ? Les discours haineux et les théories conspirationnistes ne font qu’aggraver une situation déjà fragile.