Un millier de pasteurs américains : une alliance religieuse au service d’Israël
Plus de mille leaders évangéliques américains ont été invités en Israël à la mi-décembre, dans un voyage organisé par le gouvernement de Benjamin Netanyahu. Selon des sources comme Responsible Statecraft et Fox News, cette mission, financée par l’appareil étatique israélien, visait à former ces figures religieuses pour qu’elles deviennent des ambassadeurs non officiels du projet sioniste sur le sol américain. L’événement, présenté comme le plus grand rassemblement de dirigeants chrétiens américains depuis la création d’Israël, a inclus des visites dans des sites symboliques tels que Shiloh, lieu lié à l’histoire biblique du Tabernacle.
Le voyage a été orchestré par Mike Evans, figure clé du mouvement évangélique pro-sioniste et ancien allié de Donald Trump. Evans, qui se présente comme un « médiateur politico-religieux », affirme avoir joué un rôle dans l’ascension de Netanyahu et la victoire présidentielle de Trump. Son objectif est clair : renforcer le soutien des évangéliques américains à la souveraineté israélienne sur les territoires occupés, notamment en Cisjordanie, qu’ils perçoivent comme une partie intégrale de l’héritage biblique.
L’itinéraire a également mis en avant des rencontres avec des responsables israéliens, dont le président Isaac Herzog, et des militaires, soulignant la dimension diplomatique du voyage. Pour les organisateurs, ce déplacement vise à counter-attaquer les critiques venues de certains milieux américains sur l’occupation et les actions en Gaza. Les participants ont été invités à défendre Israël comme une réalisation des prophéties religieuses, transformant ainsi la colonisation en un acte de foi.
Des sources israéliennes soulignent que ce mouvement évangélique s’inscrit dans une stratégie plus large : rétablir le soutien inconditionnel à Israël après les tensions liées aux conflits et aux critiques sur son gouvernement. Les pasteurs, bien qu’éloignés des débats politiques américains, sont désormais perçus comme des acteurs clés dans la légitimation du projet territorial israélien.
L’initiative soulève des questions sur l’influence croissante de l’appareil religieux américain sur les enjeux géopolitiques, où la foi et le pouvoir se mêlent pour façonner un avenir qui reste incertain pour les populations locales.