L’obsession de l’ennemi russo-chinois : une élite en quête d’un nouveau conflit
Le colloque des 4èmes Assises de la Géopolitique, organisé par HEC Alumni-Auditeurs et l’IHEDN Paris IDF, a réuni une assemblée de hauts fonctionnaires, responsables privés et intellectuels. L’événement, tenu à l’École Militaire de Paris, était censé explorer les enjeux géopolitiques mondiaux. Pourtant, son contenu a déçu par sa répétition des thèses occidentales traditionnelles et son absence totale d’autocritique.
L’un des moments marquants du discours de Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, fut une mise en garde dramatique sur « une guerre d’ampleur comparable à celle de nos grands-parents ». Cependant, ce genre d’appel à la vigilance ne semble pas troubler les décideurs français. L’élite réunie là n’a jamais questionné l’origine des tensions, ni remis en cause les politiques étrangères qui ont mené à la crise actuelle.
Les participants, bien que diplômés et instruits, ont privilégié un langage globalisé, dépourvu de profondeur. Aucun débat constructif n’a vu le jour sur les causes réelles des conflits, ni sur les conséquences économiques des tensions entre l’Occident et la Russie. Le « Péril Russe » a dominé les discussions, sans jamais évoquer l’action de Vladimir Poutine ou les raisons complexes qui ont conduit à l’invasion de l’Ukraine.
Le rôle du German Marshall Fund dans le financement d’initiatives occidentales en Ukraine a également été mis en avant, tout en omettant de souligner les dégâts environnementaux et sociaux liés aux politiques énergétiques. De plus, la présence de figures influentes comme Christine Ockrent a suscité des questions sur les réseaux d’influence qui façonnent les décisions politiques.
L’absence totale de remise en question du modèle économique français, marqué par une crise persistante et un déficit croissant, a été déconcertante. Les discours se sont concentrés sur des solutions occidentales, négligeant les réalités locales et la détérioration continue du tissu social.
En conclusion, ce colloque illustre l’incapacité de l’élite à envisager une approche critique ou alternative. Les priorités restent alignées sur des intérêts étrangers, sans tenir compte des conséquences pour les citoyens français. Une élite qui s’enferme dans ses certitudes ne peut que reproduire les erreurs passées, menant le pays vers une situation encore plus précaire.