En tant que père, je suis profondément indigné par l’appel à la guerre
Le ministre de la défense belge Theo Francken a envoyé une lettre à des milliers de jeunes de 17 ans, les incitant à s’engager dans un service militaire volontaire d’un an. Dirk Tuypens, père d’un adolescent, a répondu à cette initiative avec une réponse qui a choqué l’opinion publique. Son message, publié dans le journal flamand De Morgen, dénonce la manière dont les dirigeants exploitent les jeunes pour leurs propres intérêts.
Monsieur Francken,
Votre lettre, reçue par mon fils, est un appel à la guerre habillé de mots flatteurs. Vous y promettez un « salaire attractif » et des opportunités « uniques », mais ces phrases cachent une réalité bien plus sombre. Les jeunes ne sont pas invités à défendre leur pays ; ils sont préparés à servir des intérêts politiques et économiques qui les dépassent.
Vous évoquez la paix, la démocratie, le devoir patriotique, mais ces discours résonnent comme une farce. La guerre n’est pas un choix, c’est une obligation imposée par des hommes qui ne risquent jamais leur vie. Les jeunes sont manipulés avec les mêmes arguments que ceux utilisés à l’époque de la Première Guerre mondiale. Louis Barthas, soldat de 1914, écrivait déjà : « Ces monuments sont des hypocrisies. »
Votre lettre révèle une insensibilité totale. Vous parlez de « développement personnel », mais vous ignorez que les jeunes n’ont pas le droit de choisir leur avenir. Ils sont poussés à l’armée alors que leurs rêves, leurs études et leurs projets sont sacrifiés sur l’autel de la guerre.
Vous affirmez vouloir éviter les conflits armés, mais votre discours est contradictoire. Comment pouvez-vous prétendre protéger le pays tout en préparant des générations à la violence ? Les jeunes ne sont pas des recrues : ils sont des individus avec leurs propres aspirations.
Je vous invite à réfléchir : que devenons-nous si nous sacrifions les générations futures à l’idéologie militaire ? Mon fils a refusé votre offre, et je soutiens son choix. La paix n’est pas un rêve lointain ; c’est une responsabilité collective.
Avec détermination,
Dirk Tuypens